La grammaire du kurmanji
48 règles, dans l'ordre où elles servent. Le kurmanji a deux genres, deux cas, un lien qui accroche les mots — l'ezafe — et un passé qui se construit à l'envers. Tout est ici, sans jargon.
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Le kurmanji en sept points
Avant toute règle, voici ce qui fait la charpente de la langue. Sept idées suffisent à comprendre pourquoi une phrase kurmanji est bâtie comme elle l'est.
Un alphabet que tu sais déjà lire
Le kurmanji s'écrit avec l'alphabet latin, comme le français. 31 lettres, et une règle qui change tout : une lettre garde toujours le même son. Aucune lettre muette, rien à deviner.
roj — le soleil, le jour — se lit r-o-j, toujours
Cinq lettres, et un chapeau
La plupart des lettres se lisent comme en français. Cinq non : c se dit dj, ç se dit tch, ş se dit ch, x est la jota espagnole, q un k profond, dans la gorge. Et le chapeau allonge la voyelle : ê î û.
şekir — le sucre — se lit ché-kir
Le verbe part à la fin
Une phrase suit l'ordre sujet – complément – verbe. Là où le français dit « je prends le petit-déjeuner », le kurmanji dit « je petit-déjeuner prends ». Dès que tu attends le verbe à la fin, les phrases cessent d'être étranges.
Ez taştê dixwim. — Je prends le petit-déjeuner. — mot à mot : je / petit-déjeuner / prends
« Être » est une terminaison, pas un mot
Il n'existe pas de mot pour suis, es, est. Une petite terminaison se colle au dernier mot de la phrase : ez … im, tu … î, ew … e.
Gelekî kêfxweş bûm. — Très content de te rencontrer. — mot à mot : très / content / je-fus
Le présent commence par di-
Un verbe au présent se monte en trois morceaux : di- + le radical + la terminaison de la personne. xwendin (lire) donne ez dixwînim, tu dixwînî, ew dixwîne.
Ez pirtûkekê dixwînim. — Je lis un livre.
Les mots s'accrochent par une voyelle
Pour dire « ma sœur », le kurmanji ne met rien entre les deux mots : il ajoute une voyelle à la fin du premier. Ce lien s'appelle l'ezafe — -a pour un nom féminin, -ê pour un masculin, -ên pour un pluriel. Chaque nom a un genre, et c'est ce lien qui le montre, jamais le mot lui-même.
Xwişka min deh salî ye. — Ma sœur a dix ans. — xwişk + a = la sœur de…
Les 48 règles, une par une
Chaque règle a son ancre : on peut y renvoyer directement.
Rojbaş ! — Salutations · Je suis… · Pays · Mon, ton…
La famille — Les nombres · La famille · L'ezafe
Ma journée — Les métiers · Le présent · Avoir · L'heure et les repas
Maison et temps — La maison · Les jours et les mots du temps · Les petits mots de lieu · Les radicaux
Invitations — Mois et saisons · Vouloir, pouvoir, devoir · Le cas oblique
Voyage — Le futur · Comparer · Si…
Le week-end — Passé : je suis allé · Passé : j'ai vu · Je faisais…
Animaux et fruits — Les animaux · Fruits et légumes · J'ai vu (accompli) · J'avais vu
La cuisine — À table · En cuisine · C'est fait (passif)
Culture — Expressions · Le poème
En ville — Demander son chemin · Acheter et payer · Premier, deuxième, dernier
Le corps et la santé — Le corps · Là où ça fait mal · Chez le médecin
Dire et se souvenir — Rapporter ce qui a été dit · Celui qui… · À l'école
Le pays et le temps — Le temps qu'il fait · Montagnes et pays · Parce que, donc
Une vie, une histoire — Toute une vie · Faire faire · Les dengbêj et la mémoire
Rojbaş !
Dire bonjour, donner son nom, dire d'où l'on vient.
Salutations
Rojbaş se dit toute la journée. Merheba et silav veulent dire bonjour.
À une personne : bi xatirê te (au revoir). À plusieurs : bi xatirê we. Celui qui reste répond oxir be.
Çawa yî ? — comment vas-tu ? Réponse : Ez baş im, spas.
Je suis…
Il n'y a pas de mot pour suis / es / est. Une petite terminaison s'accroche au dernier mot.
| après consonne | après voyelle | |
|---|---|---|
| ez | kurd im | mamoste me |
| tu | kurd î | mamoste yî |
| ew | kurd e | mamoste ye |
| em / hûn / ew | kurd in | mamoste ne |
Négation : ne devant le mot. Ez ne kurd im — je ne suis pas kurde.
Pays
Après ji (de) et li (à, en), un nom de lieu prend la terminaison -ê : ji Amedê, li Swêdê. Si le nom finit par une voyelle, on ajoute -yê : ji Qamişloyê.
Les villes kurdes ont souvent deux noms. Amed, c'est Diyarbakır ; Hewlêr, Erbil ; Wan, Van.
Mon, ton…
Chaque pronom a deux formes. La forme directe est le sujet ; la forme oblique fait tout le reste, par exemple le possesseur : navê min, mon nom.
| directe | oblique |
|---|---|
| ez | min |
| tu | te |
| ew | wî (lui) / wê (elle) |
| em | me |
| hûn | we |
| ew | wan |
La famille
Compter, dire son âge, parler de sa famille.
Les nombres
Les nombres composés se lient avec û (et) : bîst û yek 21, çil û şeş 46, sed û yek 101.
L'âge : Tu çend salî yî ? — quel âge as-tu ? Ez 20 salî me. — j'ai 20 ans. Salî veut dire « avec des années ».
La famille
Le kurde distingue les deux côtés de la famille. Frère du père : mam (ou ap). Frère de la mère : xal. Sœur du père : met. Sœur de la mère : xaltî.
Pour dire qu'on a quelque chose : Xwişkeke min heye. — j'ai une sœur (littéralement : une sœur de moi existe).
L'ezafe
Chaque nom est masculin ou féminin. Une petite voyelle, l'ezafe, relie un nom à ce qui le suit (un possesseur, un adjectif).
| ezafe | exemple | |
|---|---|---|
| masculin | -ê | navê min — mon nom |
| féminin | -a | xwişka min — ma sœur |
| pluriel | -ên | hevalên me — nos amis |
Après une voyelle, on ajoute y : birayê min. Avec -ek (un, une) : sêveke sor (une pomme rouge), mêrekî bilind (un homme grand).
Les noms de villes et de pays (Amedê, Almanyayê) et les mots en -î sont féminins ; les noms communs bajar et welat sont masculins (welatê min).
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Pas celui-là — réessaie.
-im, c'est « je suis ». En kurmanji, « être » n'est pas un verbe à part : c'est une terminaison.
navê min. L'ezafe -ê accroche un nom masculin à ce qui suit ; -a pour un féminin, -ên au pluriel.
À la fin : « Ez taştê dixwim. », mot à mot « je petit-déjeuner mange ».
Trois bonnes réponses, une minute.
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Ma journée
Les métiers, le présent, avoir, l'heure.
Les métiers
Tu çi karî dikî ? — quel est ton métier ? (littéralement : quel travail fais-tu ?)
On répond avec la terminaison de « être » : Ez endazyar im. — je suis ingénieur. Pas d'article.
Le présent
Présent = di- + radical du présent + terminaison.
| kirin (faire) | xwendin (lire) |
|---|---|
| ez dikim | ez dixwînim |
| tu dikî | tu dixwînî |
| ew dike | ew dixwîne |
| em / hûn / ew dikin | em / hûn / ew dixwînin |
Négation : na- remplace di- : ez naxwim (je ne mange pas). Deux exceptions prennent ni- : nizanim (je ne sais pas), nikarim (je ne peux pas).
Irréguliers : hatin (venir) → têm, tê, tên ; anîn (apporter) → tînim.
Avoir
Il n'y a pas de verbe « avoir ». Le kurde dit pour moi une sœur existe : Min xwişkek heye.
heye = il y a (singulier), hene = il y a (pluriel). Négation : nîne / tune.
Le possesseur prend la forme oblique : min, te, wî, wê…
xwe veut dire « propre » et renvoie au sujet : Ez ji dayika xwe hez dikim — j'aime ma (propre) mère. Tu ji dayika min hez dikî — tu aimes ma mère.
L'heure et les repas
Saet çend e ? — quelle heure est-il ? Saet deh e. — il est dix heures.
« À huit heures » se dit di saet 8an de : le nombre prend -an à l'intérieur de di … de. « À une heure » : di saet 1ê de.
Maison et temps
La maison, les jours de la semaine, les petits mots de lieu.
La maison
Di mala wê de — dans sa maison. di … de encadre le lieu.
Li rex — à côté de. Li derveyî bajarî — hors de la ville.
Les jours et les mots du temps
Les jours se comptent depuis le dimanche : yek-şem, du-şem, sê-şem, çar-şem, pênc-şem. Vendredi est În, samedi Şemî.
Îro çi roj e ? — quel jour sommes-nous ? Îro Pêncşem e.
« Le samedi » = roja Şemiyê. « Le mardi » = roja Sêşemê.
Les petits mots de lieu
Trois prépositions de base : li (à, dans), ji (de), bi (avec, par).
Beaucoup sont en deux morceaux, autour du mot : bi te re (avec toi), ji te re (à toi), di mala wê de (dans sa maison), di navbera … de (entre).
Avec lui / elle / ça, elles se contractent : bi + wî → pê, ji + wî → jê, li + wî → lê, di + wî → tê.
Les radicaux
Chaque verbe a un radical du présent à apprendre avec son infinitif. Deux règles aident :
Les verbes en -în le perdent : karîn → kar-, pirsîn → pirs-, zewicîn → zewic-.
Les verbes en -andin le changent en -în : şandin → şîn-, şikandin → şikîn-, standin → stîn-.
Le reste s'apprend : çûn → ç- (diçim), dan → d- (didim), dîtin → bîn- (dibînim), xwestin → xwaz- (dixwazim), ajotin → ajo- (dajom : le i de di- tombe devant une voyelle).
Invitations
Les mois, vouloir, pouvoir, devoir.
Mois et saisons
Les quatre saisons : bihar (printemps), havîn (été), payîz (automne), zivistan (hiver).
Di salekê de dozdeh meh hene. — il y a douze mois dans une année. Duwanzdeh est le même nombre, dit autrement.
Vouloir, pouvoir, devoir
« Je veux venir » se dit je veux je viens : Ez dixwazim bêm. Le second verbe est au subjonctif : bi- + radical du présent + terminaison.
| vouloir | pouvoir | devoir |
|---|---|---|
| ez dixwazim bêm | ez dikarim bilîzim | divê ez bixebitim |
| tu dixwazî bêyî | tu dikarî bilîzî | divê tu bixebitî |
| ew dixwaze bê | ew dikare bilîze | divê ew bixebite |
| em dixwazin bên | em dikarin bilîzin | divê em bixebitin |
Négation : naxwazim, nikarim ; le subjonctif prend ne- : divê ez nexebitim.
Les verbes à préverbe (ve-, der-, da-) perdent bi- : vekim, derkevim. Les verbes « nom + kirin » le gardent : pîroz bikin, we bikim mêvan.
Le cas oblique
Les noms changent de terminaison quand ils sont objet, après une préposition, ou possesseur. C'est l'oblique :
| féminin | masculin | pluriel |
|---|---|---|
| -ê : jinikê | -î : karkerî | -an : hespan |
Avec -ek : hespekî, gundekî. Après une voyelle, on ajoute y : kursiyê.
Ce, cette, ces changent aussi : ev → vî (m.) / vê (f.) / van (pl.) ; ew → wî / wê / wan.
Voyage
Le futur, comparer, les phrases en « si ».
Le futur
Futur = dê après le sujet + verbe au subjonctif : Ez dê bixwînim. — je lirai.
Négation : le plus souvent le présent négatif, ez naxwînim ; ou ez dê nexwînim.
Raccourcis : ez ê, em ê, et tu dê devient souvent tê.
Comparer
Comparatif : adjectif + -tir, et ji devant ce à quoi on compare : Meyrem ji birayê xwe mezintir e — Meyrem est plus âgée que son frère.
Deux irréguliers : baş → çêtir (baştir existe aussi), pir → bêtir.
Superlatif : -tirîn DEVANT le nom (kevintirîn cih), ou herî devant l'adjectif (cihê herî kevin).
Si…
Heke (si) + subjonctif : Heke ez biçim — si je vais. Négation : heke ez neçim.
La seconde partie utilise le futur, « pouvoir », ou le présent : Heke hûn biçin bazarê, hûn dikarin tiştên erzan peyda bikin.
Ku, ger, eger, heger veulent aussi dire « si ».
Le week-end
Parler du passé : ce qu'on a fait, ce qui se passait.
Passé : je suis allé
Radical du passé = infinitif sans -(i)n : çûn → çû, hatin → hat, ketin → ket.
Pour les verbes de mouvement et d'état (aller, venir, se lever, tomber, être…), on ajoute juste les terminaisons. La troisième personne n'a pas de terminaison.
| après voyelle | après consonne |
|---|---|
| ez çûm, tu çûyî, ew çû, em çûn | ez hatim, tu hatî, ew hat, em hatin |
Négation : ne- : ez zû ranebûm (je ne me suis pas levé tôt).
Passé : j'ai vu
Pour les verbes avec un objet (voir, lire, manger, acheter…), le passé se construit à l'envers :
1. Le sujet passe à l'oblique : min, te, wî/wê, me, we, wan.
2. L'objet reste simple.
3. Le verbe s'accorde avec l'objet.
Min helbestek xwend — j'ai lu un poème. Min tu dîtî — je t'ai vu. Min ew dîtin — je les ai vus. Te çend pirtûk kirîn ? — combien de livres as-tu achetés ?
Négation : ne- : Min helbest nexwend.
Je faisais…
On ajoute di- au radical du passé pour « était en train de » et « faisait » : ez dinivistim — je dormais ; em her gav bi hev re digeriyan — nous nous promenions toujours ensemble.
Mêmes règles de sujet qu'au passé simple. La négation garde di- : ne-di- : baran nedibariya (il ne pleuvait pas).
« Quand » = dema, gava, wexta.
Animaux et fruits
Les animaux, les fruits et légumes, « j'ai vu », « j'avais vu ».
Les animaux
Hesp û çêlek heywanên kedî ne. — les chevaux et les vaches sont des animaux domestiques.
La perdrix, kew, est très importante chez les Kurdes.
Fruits et légumes
Mêwe ou fêkî : les fruits. Sebze : les légumes.
Zebeşê Diyarbekirê li hemû Kurdistanê navdar e. — la pastèque de Diyarbekir est célèbre dans tout le Kurdistan.
J'ai vu (accompli)
Le passé composé = radical du passé + -me / -yî / -ye / -ne (après voyelle), -ime / -iye / -iye / -ine (après consonne).
Ez ji darê ketime — je suis tombé de l'arbre. Ew çûye — il est parti.
Même règle à l'envers qu'au passé pour les verbes à objet : Min helbestek xwendiye, Wê ez dîtime (elle m'a vu).
C'est aussi le temps des contes et des choses qu'on a entendu dire : Rovî gotiye… — le renard a dit…
J'avais vu
Le plus-que-parfait = radical du passé + bû + terminaison : ez li wir mabûm — j'étais resté là. Après une consonne, on ajoute i : axaftibûm.
Avec un objet, même règle à l'envers : Min nan xwaribû — j'avais mangé. Wan çay vexwaribû — ils avaient bu du thé.
Négation : ne- : Min marekî ewqasî mezin qet nedîtibû.
La cuisine
À table, en cuisine, et « c'est fait ».
À table
Kerem bikin ! — servez-vous. Ez birçî me. — j'ai faim. Ez têr im. — je n'ai plus faim.
Dew, c'est la boisson au yaourt salée, xoşav une compote de fruits, jajî un fromage frais aux herbes.
En cuisine
Beaucoup de verbes de cuisine se forment avec kirin (faire) : sor kirin (frire), sar kirin (refroidir), çêkirin (préparer).
Wan kartolan sor bike ji bo şîvê. — fais frire ces pommes de terre pour le dîner.
C'est fait (passif)
Passif = une forme de hatin (venir) + l'infinitif : Xwarinek tê çêkirin — un repas est en train d'être préparé. Pirtûkek hat xwendin — un livre a été lu.
| présent | passé | accompli |
|---|---|---|
| ez têm nasîn | ez hatim nasîn | ez hatime nasîn |
| ew tê nasîn | ew hat nasîn | ew hatiye nasîn |
Négation : on nie hatin : nayê xwarin (n'est pas mangé), nehat şandin (n'a pas été envoyé).
« Par » = ji aliyê … ve, soutenu : ji aliyê Gogol ve hatiye nivîsandin.
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Pas celui-là — réessaie.
-im, c'est « je suis ». En kurmanji, « être » n'est pas un verbe à part : c'est une terminaison.
navê min. L'ezafe -ê accroche un nom masculin à ce qui suit ; -a pour un féminin, -ên au pluriel.
À la fin : « Ez taştê dixwim. », mot à mot « je petit-déjeuner mange ».
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Culture
Les expressions de tous les jours, un poème, une nouvelle.
Expressions
Les petites phrases qu'on entend tous les jours.
Mal ava ! — merci (littéralement : que ta maison prospère). Ser çavan — avec plaisir (sur mes yeux). Bi xêr hatî — bienvenue. Li xwe hişyar be — prends soin de toi.
Les contes commencent par hebû û tunebû — il y avait et il n'y avait pas.
Le poème
Les mots du poème Ger hûn bixwazin de Berken Bereh, né à Şirnex en 1954.
Le kurde fabrique des mots en collant : mirov-hez (qui aime les humains), heft-reng (aux sept couleurs), welat-parêz (patriote), kitêb-firoş (libraire).
En ville
Demander son chemin, acheter, payer, mettre dans l'ordre.
Demander son chemin
Un ordre, c'est le radical avec bi- devant : bizivire (tourne), bisekine (arrête-toi), bike (fais). À plusieurs, -in : bizivirin.
| une personne | plusieurs |
|---|---|
| bizivire | bizivirin |
| bisekine | bisekinin |
Deux verbes font un impératif à part : çûn → here, hatin → were. Et dan donne bide, tout simplement (bi + d + e).
Un verbe à préfixe le garde et perd bi- : daketin → dakeve, vekirin → veke, rabûn → rabe.
Pour dire non : ne- à la place de bi- — neçe, neke.
Acheter et payer
Ev bi çend e ? — c'est combien ? Hesab çend e ? — l'addition fait combien ?
Après un nombre, le nom ne prend pas de pluriel : sê kîlo, du şûşe, pênc dane. Il ne prend -an que si la phrase le met à l'oblique.
Bazar kirin, c'est marchander — au marché, c'est attendu, pas mal élevé.
Les verbes à préfixe le gardent aussi au présent : hilbijartin → hildibijêrim (je choisis).
Premier, deuxième, dernier
Un ordinal, c'est le nombre plus -em :
| 1 | 2 | 3 | 4 | 10 |
|---|---|---|---|---|
| yekem | duyem | sêyem | çarem | dehem |
Le nom devant prend l'ezafe : kolana sêyem, roja dawî.
Et trois mots qui tiennent un récit : pêşî (d'abord), dûre (ensuite), di dawiyê de (à la fin).
Le corps et la santé
Nommer le corps, dire où on a mal, aller chez le médecin.
Le corps
De haut en bas : ser (tête), rû (visage), guh (oreille), dev (bouche), stû (cou), mil (épaule), dest (main), zik (ventre), ling (jambe).
xwe, c'est me, te, se — un seul mot à toutes les personnes : ez xwe dişom, tu xwe dişoyî, ew xwe dişo.
Quand c'est mutuel, le mot est hev : em hev nas dikin — nous nous connaissons.
Là où ça fait mal
La douleur se dit à l'envers : serê min dêşe — ma tête fait mal. La partie du corps est le sujet, et le verbe la suit : didanên min dêşin.
Tayê min heye — j'ai de la fièvre. Ez dikuxim — je tousse. Ez nexweş ketim — je suis tombé malade.
bi- devant un nom fabrique un adjectif : hêz → bihêz (fort). bê- fait le contraire.
Chez le médecin
L'impératif de l'unité 11 ne parle qu'à tu et hûn. Pour les autres : bila + subjonctif.
| à toi | aux autres |
|---|---|
| derman bixwe | bila ew derman bixwe |
| here | bila em herin |
Utile à l'accueil : Min dem girt — j'ai rendez-vous. Ev lezgîn e — c'est urgent.
Dire et se souvenir
Rapporter ce qu'on a dit, relier deux phrases, raconter un souvenir.
Rapporter ce qui a été dit
ku rapporte une affirmation, ka rapporte une question :
| dit | rapporté |
|---|---|
| Ez têm. | Wî got ku ew tê. |
| Ew tê ? | Min pirsî ka ew tê. |
Le temps ne recule pas, contrairement au français.
gotin est irrégulier : dibêjim (je dis), got (a dit), bêje (dis !).
Celui qui…
Un nom, l'ezafe, puis ku : mirovê ku hat — l'homme qui est venu. Pirtûka ku min xwend — le livre que j'ai lu.
| masculin | féminin | pluriel |
|---|---|---|
| yê ku | ya ku | ên ku |
La préposition reste dans la phrase : bajarê ku ez lê dijîm — la ville où je vis.
hemû (tous), her kes (tout le monde), tu kes (personne).
À l'école
Quatre liens, et le mode qui les suit :
| lien | verbe |
|---|---|
| ji bo ku (pour que) | subjonctif : fêr bibim |
| berî ku (avant que) | subjonctif : ez herim |
| heta ku (jusqu'à ce que) | subjonctif : fêr nebim |
| piştî ku (après que) | passé : ez hatim |
Ce n'est pas une règle à retenir : quand l'événement est à venir ou habituel, le verbe se met au subjonctif ; dans un récit au passé, on peut garder le passé.
Le pays et le temps
Parler du temps qu'il fait, des montagnes, et du pourquoi des choses.
Le temps qu'il fait
La météo se dit avec la chose elle-même comme sujet : baran dibare (il pleut), berf dibare (il neige), tav heye (il y a du soleil).
Les mots de fréquence passent avant le verbe, souvent en tête de phrase : gelek caran baran dibare, her tim germ e, hema hema her roj.
Hewa xweş e — il fait beau. Hewa xerab e — il fait mauvais.
Montagnes et pays
Les quatre directions : bakur (nord), başûr (sud), rojhilat (est, là où le soleil se lève), rojava (ouest, là où il se couche).
Le si de ce qui n'a jamais eu lieu : bi- + radical du passé + une terminaison qui se retient avec le verbe (-a, -iya, -iba, -na…).
| réel (unité 6) | irréel |
|---|---|
| Ger baran bibare… | Ger baran bibariya… |
| Ger ez bizanim… | Ger min bizaniba… |
Et la seconde moitié répète la forme : em neçûna — nous n'y serions pas allés.
Parce que, donc
L'un pointe la cause en arrière, l'autre la conséquence en avant :
| cause | conséquence |
|---|---|
| ji ber ku (parce que) | loma (donc) |
| lewra (car) | ji ber vê yekê (c'est pourquoi) |
Et le petit changement de direction : lê belê (cependant), herwiha (de même), yanî (c'est-à-dire), bi kurtî (en bref).
Belkî (peut-être) et bê guman (sans aucun doute) disent à quel point tu es sûr.
Une vie, une histoire
Raconter une vie avec des dates, faire faire, et entendre Mem û Zîn.
Toute une vie
Une vie, dans l'ordre : hatin dinyayê (naître), mezin bûn (grandir), zewicîn (se marier), pîr bûn (vieillir), mirin (mourir).
Les dates prennent l'encadrement de l'unité 4 : di sala 1990an de. Pour compter en arrière : berî bîst salan — l'oblique pluriel, parce que berî veut le nom à l'oblique pluriel.
Sedsal, c'est un siècle, serdem une époque, nifş une génération.
Faire faire
La plupart des verbes en -în, -in ou -an ont un jumeau en -andin, et le sens se tourne vers l'extérieur :
| ça t'arrive | tu le fais à quelqu'un |
|---|---|
| westîn (se fatiguer) | westandin (fatiguer) |
| kenîn (rire) | kenandin (faire rire) |
| tirsîn (avoir peur) | tirsandin (effrayer) |
| cemidîn (geler) | cemidandin (congeler) |
Quatre paires sont irrégulières : ketin/xistin, mirin/kuştin, man/hiştin, rabûn/rakirin.
Et un préfixe peut s'y poser : der + xistin = derxistin (sortir quelque chose).
Les dengbêj et la mémoire
Un dengbêj, c'est deng (la voix) plus bêj (qui dit) — celui qui porte l'histoire en chants. Ses chants sont des kilam, les longs des destan.
Pour appeler quelqu'un : un homme prend -o, une femme prend -ê.
| à un homme | à une femme |
|---|---|
| lawo, bavo, hevalo | keçê, xwişkê, Zozanê |
Vouloir qu'un autre fasse quelque chose : ku + subjonctif — ez dixwazim ku ew bêje.
Teste ton niveau, sans engagement
Dix questions pour voir où tu te situes. Le résultat s'affiche tout de suite, avec l'unité par laquelle commencer.
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